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Bruyères : une route et une navette ferroviaire pour booster l’activité du port

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Bruyères : une route et une navette ferroviaire pour booster l’activité du port

Sophie Ughetto
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Bruyères-sur-Oise, le 9 septembre 2016. Arnaud Bazin, président du conseil départemental, et Mariusz Wiecek, d’Haropa Ports de Paris, sur le pont de l’Oise, au port de Bruyères-sur-Oise. (LP/S.U.)

Le projet était déjà dans les cartons depuis de longues années. « Au moins depuis 1998 », assure Arnaud Bazin, président (LR) du conseil départemental. Ce projet, c’est celui de développer un second accès routier au port de Bruyères-sur-Oise. Un site pour l’instant sous-exploité, alors que depuis 2012, il peut recevoir des conteneurs de marchandises par voie fluviale.

Cette nouvelle route, qui ouvrira en 2017, sera donc précieuse pour booster l’activité : car elle fera gagner plus de dix minutes aux poids lourds venant de Paris. Ils doivent actuellement contourner le port par le nord. Le nouvel axe servira aussi à « capter le trafic de l’A1, via la Francilienne », indique Arnaud Bazin.

Mais pour créer cet axe providentiel, il a d’abord fallu s’assurer que le pont sur l’Oise, sur lequel les camions circuleront sans se croiser, supportera le poids. Car il date des années 1970. C’est désormais chose faite : les poids lourds pourront l’emprunter, jusqu’à 44 tonnes, assure le président du conseil départemental, « à l’exception des convois exceptionnels ». Coût de l’investissement : 2,4 millions d’euros, financés dans le cadre du Plan particulier Région-Département, à 50 % par chacune de ces deux collectivités. Les travaux pourraient débuter dès début 2017.

 

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LP InfographieUn projet routier essentiel pour accompagner le développement de la zone portuaire et logistique. Car en 2018-2019, le trafic fluvial devrait connaître un coup d’accélérateur. « En accueillant les remblais de terre des tunneliers des métros automatiques du Grand Paris », dévoile Arnaud Bazin. « Ils viendront ici pour être déposés – pas plus d’une semaine – et analysés, avant d’être envoyés vers des centres de traitement ou des zones d’enfouissement », poursuit l’élu.

Cette nouvelle activité, « massive et régulière », pour ce port utilisé pour l’heure par des céréaliers, au coup par coup pour remonter jusqu’à Rouen, ou par la société de granulats GSM.

En parallèle du trafic fluvial, il est prévu d’augmenter le réseau ferroviaire interne à la zone logistique du port, pour faire le lien avec Paris. Le port est équipé d’une voie ferrée non exploitée. La navette Sogaris, la « première navette urbaine ferroviaire », sorte de train moderne non polluant (lire ci-contre), pourra relier Bruyères-sur-Oise au terminal de fret ferroviaire de la « Chapelle international », dans le nord de Paris. Ce bâtiment devrait être opérationnel en 2017.

C’est donc un développement très fort et surtout multimodal qui est prévu pour ce port membre du réseau des Ports de Paris, qui voit circuler annuellement 250 000 à 300 000 tonnes de marchandises. Mais il faudra attendre au moins 2018.

Pour l’heure, il garde surtout une apparence de zone logistique, d’entreposage et de stockage. Un site choisi, entre autres, par des entreprises comme E. Leclerc pour sa centrale d’achat, Arcelor Mittal, Biogénie ou Extract Ecoterres (pour le traitement de remblais), ainsi que le transporteur Norbert Dentressangle.

« On peut imaginer utiliser des barges jusqu’au Havre »153954fe-7f3d-11e6-8362-2fa3e310993c_1

(LP/S.U.)Jean-Louis Lazuech est directeur du développement du groupe Panhard, spécialiste de la logistique et de l’aménagement immobilier. Il vient de conclure une promesse d’achat pour 130 000m² de parc logistique sur le site de Bruyères-sur-Oise. « Ce sera un lieu de stockage. Nous visons dans un premier temps l’accès à l’A1, grâce au pont enjambant l’Oise bientôt en chantier. Nous visons aussi, dès 2018, l’utilisation de l’aspect ferroviaire du futur site de La Chapelle internationale, qui s’implante porte de la Chapelle, à Paris. »

Des trains de 600 mètres de long, sortes de navettes ferroviaires urbaines, desserviront la Chapelle Internationale. « On les chargera à Bruyères avec des conteneurs spéciaux sur des nouveaux wagons, moins bruyants. A 22 heures, on pourra prendre la demande d’un commerçant du centre de Paris. A 4 heures ou 5 heures du matin, il pourra mettre la marchandise dans ses rayons. »

A terme, le site de Bruyères « constitue pour nous une multimodalité parfaite, avec l’Oise qui relie la Seine. On peut imaginer utiliser des barges jusqu’au Havre. Pour l’heure, les fleuves ne sont pratiquement pas utilisés. L’activité fluviale en France n’est pas comparable à celle de la Hollande ou de la Belgique. Ce site existe depuis longtemps. Il y a déjà des promoteurs qui ont essayé de le développer. Il est arrivé à maturité maintenant. »

leparisien.fr

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